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Le mouvement #MoiAussi et les événements musicaux

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Le mouvement #MoiAussi, qui dénonce les agressions et le harcèlement sexuels, a beaucoup alimenté le débat public sur les comportements sexuels importuns.

Les festivals de musique, en particulier, ont souvent fait les manchettes relativement à cette question sociale. En réponse à des plaintes d’inconduite sexuelle déposées par des festivaliers, une pression grandissante s’exerce sur les organisateurs d’événements musicaux afin qu’ils renforcent la sécurité sur leurs sites et instaurent un changement culturel profond.

Les preuves anecdotiques font maintenant place à des études empiriques sur la question. Une récente étude réalisée au Royaume-Uni par la BBC a révélé qu’au cours des 12 derniers mois, environ un tiers des femmes ont été victimes de harcèlement sexuel et 8 % d’agressions sexuelles lors d’un festival de musique.

Une étude britannique distincte commandée par la Press Association a révélé des résultats similaires : 22 % des participants ont signalé avoir été victimes d’une certaine forme de comportement sexuel inapproprié, un chiffre qui passe à 30 % pour les femmes, qui en 2016 représentaient environ 60 % du public des festivals.

Le harcèlement verbal, les attouchements, les gestes sexuels, les sifflements, les interpellations et la prise de photos ou de vidéos sans approbation faisaient partie des incidents signalés.

Cette vaste problématique sociale ne se limite pas aux événements musicaux, qui sont d’ailleurs souvent plus sécuritaires que bien d’autres espaces publics. L’étude de la BBC a révélé que neuf personnes sur dix se sentent « habituellement » ou « toujours » en sécurité dans les festivals. Malgré cela, les incidents signalés sont troublants, et ont eu une réelle incidence tant sur les victimes que sur les organisateurs des événements.

 

Les mesures mises en place

Des incidents d’inconduite sexuelle ont été signalés dans la plupart des plus grands festivals de musique du monde, notamment au festival Bravalla, le plus important événement musical de Suède. À la suite d’une vague d’agressions sexuelles signalées lors de l’édition 2016 du festival, les organisateurs sont passés à l’action. Le texte #tafsainte, qui signifie « ne me touche pas », a été imprimé sur les bracelets de l’édition 2017 du festival. Toutefois, FKP Scorpio, la firme organisatrice du festival, a finalement pris la décision d’annuler l’événement.

En réponse à ces incidents, un collectif suédois a lancé le Statement Festival, un événement musical réservé aux femmes, aux transgenres et aux personnes non binaires. Même si le festival n’a suscité qu’un intérêt très modeste lors de sa première édition, le collectif a organisé une tournée dans quatre villes suédoises à l’automne 2019.

 

Contrer le harcèlement sexuel

De plus en plus de groupes sont créés pour sensibiliser la population à la question du harcèlement sexuel et aider les organisateurs d’événements à offrir un environnement plus sûr aux participantes. Safe Gigs For Women, par exemple, collabore avec l’industrie pour mettre en place des normes de sécurité sur les sites de festivals, et Girls Against a lancé une campagne pour sensibiliser les gens au problème des attouchements lors des concerts. Ces groupes sont tous deux basés au Royaume-Uni. Il y a trois ans, Chicago a aussi vu naître OurMusicOurBody, une initiative qui collabore avec Lollapalooza et d’autres événements et salles de plus petite envergure, afin de mettre en place des lignes directrices et des procédures – dont une meilleure coordination entre les équipes sur les lieux – pour aider les événements à contrer les problèmes de harcèlement et d’agression.

 

Les artistes se mobilisent

Des groupes comme Mumford and Sons élèvent la voix afin de promouvoir la sécurité des femmes pendant leurs prestations. D’autres, comme Slaves, Wolf Alice et Peace se sont associées aux organismes mentionnés ci-dessus pour combattre le harcèlement sexuel lors des événements musicaux.

 

Les organisateurs d’événements

Les principaux facteurs liés au harcèlement sexuel sont la sécurité (présence et formation d’intervenants sur les lieux), la faible présence policière, la consommation de drogues et l’aménagement des sites.

La plupart des grands festivals – tout comme les plus petits événements – tentent de résoudre ce problème en faisant de la sensibilisation, en déployant des ressources sur place et en créant des zones de sécurité sur les sites.

Avant son édition de 2019, le festival Coachella a mis en place Every One, une initiative qui comprenait des lignes directrices sur le consentement, ainsi que la présence sur le site de conseillers et d’ambassadeurs de la sécurité spécialement formés.

Au Royaume-Uni, dans le cadre d’une campagne de tolérance zéro, 25 festivals de musique membres de l’Association of Independent Festivals (AIF) ont fermé leur site web le temps d’une journée, dans le but de mettre en lumière la problématique des agressions sexuelles. La mission du collectif est d’informer les festivaliers des services de soutien offerts sur place pour venir en aide aux victimes. L’AIF a également signé un engagement de tolérance zéro à l’égard des agressions sexuelles.

Conclusion

Des recherches universitaires additionnelles sont en cours pour combler le manque de statistiques relatives à la violence sexuelle pendant les festivals de musique et les autres types d’événements publics.

Les marques et organisateurs d’événements doivent prendre au sérieux ce problème important – de même que les questions de sécurité qu’il soulève – s’ils veulent éviter les répercussions négatives tant sur les festivaliers que sur leur propre image de marque.

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