Les Grands Prix Cyclistes et le mystère du Québec

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De grandes vedettes internationales se retrouvent chaque année à Montréal et à Québec pour ce double événement d’envergure, mais leur présence n’est pas suffisante pour intéresser une majorité de commanditaires.

Si l’on considère que plus de la moitié de la population du Québec est constituée de cyclistes à divers degrés, on peut dire que la pratique du vélo se porte ici merveilleusement bien. Mais malgré cet engouement, on ne voit pas d’intérêt commercial pour l’élite du vélo, tant du point de vue des événements que de celui des sportifs de haut niveau.

Le vélo connaît au Canada des enjeux analogues à ceux du soccer : on constate une forte pratique sur le plan récréatif — car c’est un sport relativement accessible —, mais les infrastructures et le climat font en sorte qu’il est très difficile de développer une élite. Le Québec a tout de même la chance de compter sur les événements annuels de haut niveau que sont les Grands Prix cyclistes de Montréal et de Québec.

La commandite de ces événements représente un défi pour plusieurs raisons : l’absence de vedette locale et d’une culture du vélo d’élite; une industrie en mal d’organisation; et, finalement, l’éloignement des centres décisionnels.

En premier lieu, on constate l’absence d’une véritable vedette locale. Ryder Hesjedal, originaire de Victoria en Colombie-Britannique, est le cycliste canadien le plus connu, mais on ne peut parler d’un véritable engouement populaire à son égard. Il y a bien ici une culture de cyclisme, mais en général, la population est peu familière avec le type de course qu’offrent les Grands Prix.

D’autre part, les entreprises sont frileuses à s’engager en cyclisme en raison des récents épisodes de dopage qui sont associés à ce sport et qui demeurent présents à l’esprit du public. Celles qui reconnaissent la portée du cyclisme au Canada et, à plus forte raison, celles qui s’impliquent sont celles dont les dirigeants manifestent un fort penchant pour le sport (dont Québecor).

L’industrie elle-même peine à s’organiser et il s’agit là d’un facteur important. À titre d’exemple, au même moment qu’ont lieu les Grands Prix Cyclistes se tient généralement à Montréal l’Expocycle, le plus grand salon du vélo au Canada réservé aux détaillants. Or, malgré les évidentes synergies entre les deux événements, aucun pont n’a jusqu’à présent été créé.

Un événement d’envergure internationale requiert des budgets de commandite importants, et pour la majorité des entreprises, les centres décisionnels ne sont pas situés à Montréal ou Québec. Cela fait en sorte que l’événement est davantage perçu comme étant de portée régionale.

Le marché n’est pas mûr pour générer des revenus de commandite intéressants dans le domaine du vélo d’élite. Pour les marques désirant profiter de l’engouement pour le vélo au Québec, il y a tout de même des avenues intéressantes à plus petite échelle, telles que Vélo Québec, le Grand Défi Pierre Lavoie et Bixi. Desjardins s’est d’ailleurs positionnée en ce sens depuis un certain nombre d’années.

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